Article ajouté le 19 mars, 2009

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Histoire d’eau

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Ces deux immeubles, situés à Saint-Quentin dans l’Aisne, sont bordés chacun d’une terrasse qui surplombe les garages des propriétaires, en sous-sol. Des années d’infiltration ont eu raison de la couverture de béton brut, et une réfection lourde s’impose.

Exposées aux intempéries depuis plusieurs années, dans une région où les précipitations sont courantes et les conditions climatiques rudes, ces deux terrasses de 400 m² chacune, à vocation d’esplanades, sont saturées d’eau et présentent un état catastrophique. Les conséquences sont sérieuses, car l’eau traverse l’intégralité de la structure pour venir dégrader le plafond du parking sous-jacent où les habitants de la résidence garent leurs voitures. À la longue, les eaux d’infiltration ont fi ni par corroder les carrosseries. Des protections de fortune ont été mises en place, mais l’état de la dalle de béton est inquiétant et il est grand temps d’opérer une réparation pérenne…

L’origine du désordre

Il s’agit, avant d’envisager la solution la mieux adaptée, de comprendre les origines du sinistre. Ici, c’est clair : c’est la percolation de l’eau de pluie dans le béton qui est le problème majeur. Elle est responsable du lessivage des composants calcaires de la texture du béton.
Initialement, un béton présente un pH équivalent à 12,5. La dalle enrobe le rond à béton, qui est donc protégé de la corrosion : il ne peut plus rouiller. Si cela reste en l’état, pas de problème, même si le fer à béton utilisé était légèrement corrodé avant d’être noyé dans le béton (ce principe est d’ailleurs recommandé par les marchands de fer, puisqu’il permet un meilleur accrochage du profilé dans le béton). En revanche, si le lessivage des composants calcaires est permanent, alors la valeur du pH chute. À 9,5, l’acier à béton commence à rouiller et sa corrosion entraîne l’augmentation de son volume, laquelle conduit à l’éclatement du béton. Le cercle vicieux est engagé : inexorablement, le désordre va s’aggraver.

La solution

Avant d’entreprendre toute réparation, il est, dans le cas présent, nécessaire de réparer la dalle. L’opération se déroule par piquetage, en surface, ce qui permet d’éliminer toutes les parties non adhérentes et non cohésives, avant de réaliser les réparations de béton nécessaires. Une étanchéité bitumineuse en rouleaux (Siplast) est ensuite appliquée sur toute la surface, et la jonction entre chaque lé est pontée, pour réaliser un véritable « écran » à la pénétration d’eau. Mais il s’agit encore d’empêcher l’eau de pluie de parvenir jusqu’à la couche de bitume par le biais des joints entre carreaux. Sans cela, l’eau s’accumulerait dans la chape jusqu’à saturation et favoriserait les désordres dus au gel, aux efflorescences de carbonate de calcium ou aux défauts d’adhérence. L’entreprise Drain de Saint-Quentin met donc en oeuvre une natte de drainage de surface (Schlüter Troba Plus de Schlüter Systems) sur l’étanchéité bitumineuse. Ce système se compose d’une natte de polyéthylène indéformable, dotée de bossages recouverts d’un matériau non-tissé perméable. La partie des bossages recouverte de non-tissé, sur laquelle repose le revêtement, assure la fonction de drainage et protège l’étanchéité. Les bossages, disposés en réseau dense, ont la forme de cônes tronqués. Le vide d’air créé entre la natte et le non-tissé constitue une isolation thermique, utile pour protéger l’étanchéité des contraintes thermiques.
La natte est donc mise en place, non-tissé vers le haut, sur le support en pente, pour permettre l’évacuation de l’eau vers la périphérie de l’esplanade. Il ne reste plus qu’à sceller le revêtement (dalles Bradstone) sur ce complexe « étanchéité bitumineuse-natte de drainage », et les esplanades pourront entamer une nouvelle vie !
V.D.

Retrouver l'article complet dans Référence CARRELAGE (n° 14 Novembre Décembre 2008)



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