Article ajouté le 12 mars, 2010
Une fois encore, Idéobain rend hommage aux hôteliers qui osent de nouveaux concepts pour l’aménagement des salles de bains de leur établissement. Ce n’est pas un hasard, car, bien souvent, les tendances partent de chez eux et se diffusent ensuite auprès du grand public. Après Christophe Pillet l’an passé, India Mahdavi (en 2006), Terence Conran (2004) et Andrée Putman (2002), Matali Crasset va recevoir lors de cette nouvelle session d’Idéobain le Grand Prix de la salle de bains d’hôtel et expose, sur le salon, sa salle de bains d’hôtel idéale.
Le Grand Prix 2010 salue le programme global conçu par Matali Crasset au Hi Hôtel (Nice, 2004) où, pour la première fois, elle ouvrait complètement la salle de bains, rejetant l’idée d’un espace spécialisé à l’extrême. «Aujourd’hui, note la designer, cela se fait de plus en plus, car on se rend compte qu’en dé-spécialisant cet espace, on gagne de la place. Quand une salle de bains fermée n’est utilisée que quelques minutes par jour, elle ne peut pas être considérée comme un espace de vie. Alors qu’en exploitant l’espace à tous les instants, on y vit pleinement. Comme les rapports avec la pudeur et l’intimité ont évolué, on ne cache plus son corps dans un espace intime. Cela permet d’envisager d’autres scénarios et de jouer avec les limites de l’intimité. Il me paraît intéressant d’adapter l’espace à ces mentalités, chacun pouvant moduler l’espace selon son gré ».
Pour Matali Crasset, la salle de bains doit donc être décloisonnée. « On dispose aujourd’hui de techniques et de matériaux qui le permettent. Il ne faut plus forcément un carrelage pour l’étanchéité. Je veux montrer que le bain peut s’intégrer dans l’espace de vie sans ce caractère hygiéniste qu’il avait auparavant.»
Constat
Outre le fait qu’il n’a jamais fallu « un carrelage pour l’étanchéité », ce matériau aux richesses architecturales plus vastes de jour en jour se trouve donc repoussé aux frontières de ’hygiénisme…
Une image qui ne semble pas vraiment correspondre au potentiel créatif et à la variété des carreaux céramiques contemporains. Récemment encore, on considérait que le couple salle de bains/revêtement céramique incarnait une union solide. Quand on mesure l’influence des designers dans notre société actuelle, on peut se demander si l’heure du divorce n’aurait pas sonné… Depuis 2002, année où Andrée Putman avait reçu la noble récompense du Grand Prix de la salle de bains d’hôtel, aucun des designers distingués n’a laissé une place significative au carrelage dans son concept.
Les fiancés de demain s’appellent « mousse d’aluminium résinée », « bisurface bi-chromatique Living Floor » ou encore « carrelage Moving Color » (en fait des carreaux de verre)… L’heure de séduire est venue, et avec elle celle de démontrer tous les charmes dont le carreau céramique est capable de se parer.
par Véronique Debrumetz Rédactrice en Chef du Magazine Référence CARRELAGE.
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Article paru dans le N° 21 Janvier-Février de Référence CARRELAGE
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