Article ajouté le 10 juin, 2010

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Rénovation en opus romain

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Dans cette maison datant du XIXe siècle, les revêtements de sol du séjour devaient être rénovés. L’ancien revêtement étant conservé, une désolidarisation s’imposait. Les travaux ont été menés en milieu occupé, à un rythme soutenu et, à la clé, la pièce est métamorphosée.

La maison de ces particuliers réunit deux habitations anciennes. Le séjour est composé de deux pièces qui autrefois appartenaient chacune à une maison différente. Les sols sont habillés de carreaux de grès cérame porphyrés 10x10 cm datant des années cinquante, en damier brun et gris côté salle à manger, jaune moutarde côté salon. L’objectif des travaux est double : il s’agit d’une part d’uniformiser l’aspect des sols pour ces deux pièces qui n’en forment plus qu’une désormais, et d’apporter une solution réparatrice aux dégâts générés par une pose à joints très minces, sans désolidarisation périphérique ni fractionnement sur cette surface de près de 50 m².

La préparation du support

Les travaux se déroulent en milieu occupé. Afin de limiter les nuisances, les anciens sols seront conservés et la pose du nouveau revêtement sera donc désolidarisée de l’existant. La première étape consiste alors à sonder les parties non adhérentes du revêtement et à éliminer les carreaux descellés du support. Le revêtement est ensuite scié à l’emplacement du futur joint de fractionnement. Un primaire est appliqué au rouleau sur la surface carrelée et les parties lacunaires sont comblées. Un ragréage autolissant dont le rôle est d’obtenir un sol parfaitement plan est réparti sur l’ensemble de la surface. Afin d’éviter que le ragréage ne s’étende aux pièces adjacentes par sa fluidité, un cordon de silicone délimite la zone et obstrue les passages éventuels. Dès le séchage, les niveaux sont soigneusement contrôlés et l’emplacement du joint de fractionnement est matérialisé dans le ragréage. La natte de désolidarisation peut maintenant être installée. Elle se présente sous la forme d’une natte en polyéthylène pourvue de nervures entrecroisées, découpées en queue d’aronde et revêtue, sur la partie inférieure, d’un feutre non tissé. D’abord découpée en lés aux formats nécessaires, la natte est ensuite posée (feutre vers le bas) sur le support encollé à l’aide d’un mortier-colle de classe C2. Elle est ensuite soigneusement marouflée afin de favoriser l’ancrage mécanique du feutre dans le mortier-colle. Un profilé de fractionnement, choisi en inox pour des raisons esthétiques, est installé : il absorbera les mouvements éventuels au sein de la structure du revêtement. Les ailettes de fixation perforées sont noyées dans la colle pour optimiser l’ancrage. Le joint de fractionnement marque le point de départ de la pose du carrelage.

Un calepinage à respecter

C’est un grès cérame pleine masse à l’aspect de travertin qu’ont choisi les propriétaires. Quatre formats ont été assemblés pour créer un module : 60x60 cm, 45x45 cm et 15x15 cm auxquels a été associé un car-reau décoré en 30x30 cm. La natte est enduite de mortier-colle C2 au rythme de l’avancement et le dos des carreaux est largement beurré de façon à pratiquer un double encollage, rendu nécessaire par le format des carreaux. Les jonctions sol/ murs sont équipées d’un profilé périphérique destinés à absorber les mouvements verticaux éventuels. Des plinthes viendront garnir par la suite le bas des murs. Tous les joints entre carreaux, d’une largeur de 3 mm, sont remplis d’un mortier de jointoiement souple. Ce séjour double communique d’une part avec la cuisine et, d’autre part, avec le hall d’entrée de l’habitation revêtu de tomettes de terre cuite locale datant de l’époque de construction de la maison. La pose carreau sur carreau entraîne inévitablement une surépaisseur dans le séjour, sensible notamment au passage vers la cuisine. Le problème a été résolu grâce à l’implantation d’un profilé de transition à pente modulée. Présentant une déclivité de 65 mm, il s’appuie sur trois jambages noyés dans le mortier-colle. De l’autre côté, au passage vers le hall d’entrée qui com-portait déjà une marche, le nez est protégé par un profilé en chêne dont l’ailette de fixation métallique est noyée dans le mortier-colle, sous les carreaux. L’astuce a consisté à habiller la contremarche d’une planche de bois conçue pour revêtir les terrasses. Sa belle face, celle qui est rainurée pour limiter la glissance en extérieur, a été revêtue de colle et fixée sur la contremarche. C’est sa semelle, lisse, qui est devenue la face apparente et a été teintée couleur chêne.

Par Véronique Debrumetz, rédactrice en chef de Référence CARRELAGE.

Article paru dans le  Référence CARRELAGE N°21 de Janvier-Février 2010.
Retrouvez ci-dessous l'article dans son intégralité avec toutes les photos.


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