Formateur spécialisé carrelage

Le 15/02/2021 à 14:17 par La rédaction

Le métier de formateur spécialisé en carrelage se révèle être un précieux relais entre le monde de l’entreprise et celui des apprentis carreleurs. Il s’avère aussi pour certains un choix opportun de reconversion. Découverte avec deux formateurs aux profils différents qui nous expliquent les nouveaux défis de leur profession.

Former de bons artisans. Tel est l’enjeu de cette profession. Enseigner la bonne gestuelle, transmettre les diverses techniques, sensibiliser aux problématiques de chantier… Le souci de la transmission est au coeur de ce métier. Une solide connaissance du métier de carreleur ne suffit pas. La volonté de la transmettre s’avère indispensable. Le paysage de l’artisanat s’est en outre métamorphosé ces dernières années. Un changement de décor auquel doivent désormais s’adapter les formateurs comme en atteste Manuel De Azevedo, formateur au CFA de Blanquefort en Gironde : « La jeune génération choisit de moins en moins ce métier par passion. De plus en plus d’élèves viennent par ailleurs de l’étranger. Nous devons donc faire preuve d’adaptation. » Les techniques aussi changent de visage. Autant de défis que sont amenés à relever les formateurs et qui impliquent une certaine proactivité de leur part.

Détenir les diplômes enseignés

Les formateurs sont tenus de détenir les diplômes qu’ils enseignent. « Soit un brevet professionnel (BP), précise G.M., formateur au CFA de Besançon depuis 12 ans. Ils doivent par ailleurs justifier de cinq années d’exercice dans ce domaine d’activité. » Une fois ces prérequis justifiés, l’artisan effectue une formation plus spécifique qui le prépare à l’enseignement. « Cette formation en interne se fait sur deux ans avec 6 à 7 modules pour apprendre le métier. », poursuit-il. Le contrat de travail est accepté sous réserve de validation de cette formation. Le métier de formateur peut s’avérer une belle opportunité de reconversion pour certains. C’est le cas de notre formateur girondin. Cet ancien artisan carreleur a décidé de se reconvertir comme formateur à la suite d’une maladie. « Quand j’ai prétendu au métier de formateur, je détenais un CAP. J’ai donc préparé un brevet professionnel en formation continue afin de pouvoir prétendre au poste de formateur. », explique celui qui enseigne depuis maintenant 20 ans.

Armer les futurs artisans

Le formateur travaille, dans un souci de complémentarité, en partenariat avec les entreprises dans lesquelles sont formés ses élèves. « Nous devons connaître leurs besoins car ceux-ci diffèrent d’une entreprise à l’autre mais aussi d’une région à l’autre, explique G.M. Le contenu de nos ateliers doit être complémentaire aux activités réalisées au sein de l’entreprise afin que les élèves balaient l’ensemble du programme. Nous leur enseignons aussi ce qui ne se pratique pas dans nos régions. Les élèves ne doivent pas être enfermés dans une seule pratique mais être polyvalents. » Le formateur adapte donc le contenu de ses ateliers en conséquence. « Poser du carrelage sur plot, réaliser une étanchéité et poser un siphon font désormais partie des nouvelles compétences, ajoute Manuel De Azevedo. Ils sont amenés à poser de plus en plus de douches à l’italienne qui implique aussi la plomberie. » L’artisan carreleur doit être force de proposition pour sa clientèle considère pour sa part G. M. : « Plus l’élève a de cordes à son arc, plus il pourra ensuite faire preuve de créativité dans son métier. Il sera donc force de proposition auprès de ses clients. J’aime leur donner une connaissance large et ouverte. Pour être en mesure de répondre aux enjeux actuels du métier, ils doivent être capables d’utiliser tout ce qui est susceptible de répondre aux attentes concrètes du client sur le terrain. »

S’adapter aux différents niveaux

Le formateur enseigne à trois niveaux différents que sont le CAP, le BP et les professionnels du secteur pour des formations spécifiques. Dans le privé, la formation pour les CAP et BP se fait en alternance. Dans le public, elle se fait en continu. L’emploi du temps du formateur varie donc selon qu’il enseigne dans le public ou dans le privé. « Chez nous, les élèves sont trois semaines en entreprise puis une semaine au centre, détaille G.M. Leur semaine se répartit en 10 heures de pratique pour 5 heures de technologie. Le reste du temps est réservé à l’enseignement général. » Au CFA de Blanquefort, le temps se structure globalement de la même manière avec 10 heures de pratique par semaine. « Les élèves ont ensuite 3 heures 30 de technologie », raconte Manuel De Azevedo. Outre la formation des CAP et BP, les CFA dispensent pour la plupart des formations aux professionnels du secteur. « Nos modules de formation qui leur sont destinés s’adressent à des besoins spécifiques et certaines techniques, développe le formateur de Besançon. Ils se déroulent sur 20 à 30 heures. Le contenu est adapté aux besoins régionaux. »

Baliser la formation

Le formateur est chargé de suivre le programme donné. Celui du CAP a d’ailleurs été révisé en 2020. « Il est désormais en adéquation avec les évolutions du secteur », raconte le formateur bisontin. Le formateur carrelage scinde son enseignement en deux temps : celui de la pratique et celui de l’enseignement théorique. « Les cours de technologie sont essentiellement tournés vers la théorie, étaie G.M. Ici, nous abordons les normes en vigueur et les DTU ainsi que les règles de l’art du métier. Nous étudions aussi les produits utilisables sur les chantiers. » Ces cours théoriques sont de même l’occasion de faire plancher les élèves sur des cas d’études. « Ils se penchent par exemple sur la réalisation d’une isolation acoustique en rénovation ou l’étanchéité d’une terrasse », poursuit G.M. Les ateliers sont consacrés à la pratique. « Leur contenu doit respecter le programme. On s’appuie donc sur celui-ci pour imaginer les exercices pratiques », raconte le formateur de Besançon. Les ateliers se concentrent essentiellement sur la pose des carreaux en 15 x 15 cm, en 20 x 20 cm et 30 x 30 cm ainsi que la mosaïque. « On les forme également aux gestes professionnels, ajoute Manuel De Azevedo. On les sensibilise aussi au FRAP. Ils ont en complément des séances de secourisme obligatoires. »

Faire évoluer chaque élève

Le formateur s’attache à faire progresser chacun. « Au fil de l’année, certains élèves sortent du lot, constate G.M. Nous devons donc adapter nos exercices aux différents niveaux. On personnalise les parcours afin que chacun puisse progresser. » L’objectif : les pousser toujours plus loin. Si le CAP valide une aptitude professionnelle, le BP, lui, impose un certain niveau de compétences.

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